Bienvenue sur la version digitale du RAPPORT D'ACTIVITÉS 2020 du Groupe IDELUX

L’interview des Présidents des Conseils d’administration

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De gauche à droite : Elie DEBLIRE, Isabelle MICHEL, François HUBERTY, Stéphanie HEYDEN, Yves PLANCHARD

« Une année intense pour toutes les équipes d’IDELUX » 

Depuis le printemps 2020, toutes les activités sont conditionnées par une crise sanitaire sans équivalent. Quel regard portez-vous sur les conséquences à moyen et long terme de cette crise pour les activités de nos intercommunales et pour notre territoire ?

Élie DEBLIRE : Il est encore un peu tôt pour y voir clair dans les conséquences d’une crise qui est toujours en cours. Depuis le départ, nous sommes attentifs aux secteurs les plus impactés et la manière dont nos entreprises vont pouvoir rebondir.
À plus long terme, bien des tendances lourdes vont continuer à se concrétiser, en dépit de la pandémie. Nous continuerons à prôner et à soutenir les pratiques d’innovation et le développement des connaissances, à anticiper autant que possible les impacts du changement climatique et à initier des projets qui assureront la transition vers le monde de demain.

François HUBERTY : En tant qu’outil public, nous avons, en 2020, apporté notre soutien aux entreprises du portefeuille via l’octroi de franchises de remboursement.
Malgré ces mesures, certaines entreprises risquent d’être fragilisées par la situation.
Nous continuerons évidemment à apporter un suivi particulier aux entreprises en difficulté. En ce qui concerne les investissements, la position logiquement attentiste des entreprises durant cette période troublée impliquera vraisemblablement un rattrapage durant les années à venir.

Stéphanie HEYDEN : Nos équipes se sont remarquablement adaptées à la situation.
Elles ont pu garantir la continuité du traitement des eaux usées en dépit d’une inquiétude, bien compréhensible, des conséquences possibles de la présence du virus dans les eaux usées. Présence qui s’est avérée par la suite sans risque. La situation nous a aussi permis d’identifier quelques faiblesses : les consommables dont la disponibilité est essentielle à la gestion des ouvrages, la fragilité de la filière de valorisation agricole des boues d’épuration,…
Nos chantiers d’investissement ont été paralysés pendant un bon mois, le temps de mettre en place les mesures adaptées. De même, nous avons provisoirement dû suspendre nos visites de contrôle des systèmes d’épuration individuelle. Par ailleurs, les visites scolaires de nos ouvrages, comme les activités de sensibilisation, n’ont pas encore pu reprendre en   présentiel. Nous étions bien préparés au niveau informatique pour passer au télétravail. De nouvelles pratiques de sensibilisation (formations par webinaires, …), nous inspirent pour fluidifier nos relations futures avec les communes et nos publics cibles.

Isabelle MICHEL : À ce jour, nous tirons déjà deux enseignements de cette période.

La nécessité de renforcer le dispositif de continuité de nos activités pour surmonter… les prochaines crises et la possible opportunité de construire localement des solutions de recyclage structurelles au vu du coût et de la raréfaction des solutions actuelles.
La fermeture, même temporaire, des recyparcs, ainsi que la mise en place de mesures sanitaires inhabituelles ont compliqué la gestion de la collecte des matières et nécessité un surcroît de diplomatie avec de nombreux usagers impatients, voire agressifs.
Nos équipes ont pallié la fermeture des recyparcs pendant un mois avec l’organisation de collectes en porte-à-porte, et je les en remercie.

Yves PLANCHARD : Plusieurs perspectives nouvelles sont apparues lors des contacts personnalisés que nous avons ouvert avec les communes au printemps dernier : le poids croissant du numérique, un intérêt à disposer d’outils pour faciliter le travail à domicile, un intérêt renforcé pour des itinéraires destinés à la pratique du vélo, la confirmation du caractère essentiel du tourisme pour leur économie, une attention renforcée aux producteurs locaux et aux circuits courts. Parallèlement à ces perspectives, de nombreuses communes s’inquiètent de la santé économique des entreprises présentes sur leur territoire et sur l’évolution de leurs finances, suite à la crise sanitaire.

Dans ce contexte si particulier, comment s’est passée l’année 2020 ?

YP : L’action d’IDELUX Projets publics a, jusqu’à présent, été peu impactée par la situation. Et ce, pour la bonne raison que nos équipes se sont mobilisées pour imaginer rapidement de nouvelles manières de travailler.

ED : Les équipes d’IDELUX Développement ont contacté les entreprises implantées sur nos parcs pour écouter leurs besoins, y répondre au mieux, et pour manifester notre volonté d’être à leurs côtés dans cette période difficile. L’initiative a été bien accueillie et sera renouvelée. Parallèlement, nous leur avons proposé plusieurs mesures d’aides à court terme : report de loyers, prêts destinés aux TPE et aux indépendants,…
Le climat d’incertitude qui a marqué 2020 a ralenti la progression de nos projets, en particulier les procédures de reconnaissance des nouvelles zones d’activités économiques.
De nombreux chantiers ont pris du retard. Paradoxalement, 26 entreprises ont confirmé leurs décisions d’investissement, ce qui a fait de 2020 une excellente année. Par contre, l’accompagnement des entreprises a été rendu difficile par la difficulté des contacts directs.
Pour sa part, notre service de stratégie territoriale a pu continuer à construire avec succès les partenariats en cours, grâce à l’appui des outils digitaux. Mais ici aussi, le rôle essentiel des échanges informels a fait défaut.

FH : Au niveau de l’activité d’IDELUX Finances, le volume de décisions est resté bon, mais la pandémie s’est aussi traduite par un volume de décaissement réduit dans la mesure où les entreprises ont ralenti leurs investissements du fait du manque de visibilité. Le soutien apporté à nos entreprises a généralement été apprécié et a été d’un secours considérable pour beaucoup. L’importante concurrence entre acteurs et la conjoncture de taux toujours bas ont continué à peser sur l’activité.

IM : Nous avons assuré la continuité de nos services à la population grâce à la réactivité exceptionnelle du personnel d’IDELUX Environnement – les préposés, les collecteurs, les chauffeurs, les chargeurs, le personnel actif sur les sites de traitement mais aussi tous les services administratifs.

SH : Le départ à la retraite de trois des cadres d’IDELUX Eau a induit une réorganisation de toute l’activité de l’Intercommunale – eau potable, eaux usées, eaux pluviales – précédée de peu par les ajustements quotidiens rendus nécessaires par la situation sanitaire. Autant dire que 2020 a été intense pour les équipes. D’autant que la gestion des eaux usées devait rester opérationnelle quelles que soient les difficultés. Nous avons heureusement pu compter sur l’implication de nos équipes et sur la solidarité entre les acteurs du secteur de l’eau (SPGE et autres organismes d’assainissement agréés).

Outre la situation sanitaire, voulez-vous mettre en évidence l’un ou l’autre résultat saillant pour IDELUX en 2020 ?

YP : J’en relève trois : la nouvelle centrale d’achat mise au service des communes, le développement d’un nouveau concept de lieu de vie qui répond aux besoins d’une population âgée et qui diffère des maisons de repos et enfin, l’aboutissement de la splendide rénovation de l’Euro Space Center.

ED : Le Digital Innovation Hub Industrie 4.0 piloté par AGORIA associe l’ESA, IDELUX Développement, les principaux centres de recherche technologique wallons, … Notre participation va nous permettre de valoriser davantage Galaxia aux niveaux wallon, belge voire européen, tout en favorisant le passage de notre tissu industriel vers les générations 4.0 et 5.0.

Notre partenariat avec les Ardennes françaises a permis l’émergence de perspectives de coopération franco-wallonnes qui pourront contribuer à sortir le versant ouest de la province de son déclin socioéconomique.
La refonte de la stratégie de développement de nos zones d’activités économiques – dont l’enjeu porte sur l’équipement de 200 hectares pour les vingt prochaines années – est une autre réalisation importante. Tout comme l’est l’ancrage renforcé dans le développement durable du nouveau référentiel pour la réalisation des futurs parcs d’activités économiques.

FH : La décision prise par le Conseil d’administration pour accompagner l’extension de l’hôtel Van der Valk à Arlon me semble importante puisqu’elle touche un acteur important qui, bien qu’il ait été extrêmement impacté par la situation, reste convaincu du potentiel de notre province et souhaite continuer à y investir. Ce genre de décision me semble de nature à restaurer une certaine confiance pour les années à venir.

IM : 2020 a été une année record pour l’unité de biométhanisation de Tenneville, tant au niveau des quantités valorisées qu’au niveau de l’énergie verte produite.
L’évolution des modes de vie impacte les volumes et les sources de matières collectées.
Nous devrons probablement ajuster nos pratiques de collecte à ces évolutions.
Conséquence de la crise sanitaire, la baisse de la demande de matériaux plastiques et celle des prix du pétrole ont contraint les recycleurs à stocker leurs produits finis. La valeur des matières recyclables s’est effondrée rendant parfois les solutions de recyclage plus coûteuses que l’incinération voire l’enfouissement.

SH : Malgré un contexte difficile, nous avons lancé un volume inédit de marchés de rénovation ou de mise à niveau des ouvrages existants, dont certains datent des années ’70 ainsi que de nombreux travaux d’améliorations plus modestes.
Parmi les améliorations significatives, l’amélioration de l’efficience énergétique de nos installations et bâtiments.
Je souhaite aussi mettre en évidence deux investissements importants qui ont été concrétisés en 2020 :

  • le bouclage du projet Musgorep qui s’inscrit dans le programme transfrontalier Interreg : un réservoir d’eau de 600 m3 destiné à alimenter la commune française de Gorcy et celle, chez nous, de Musson. La station de traitement destinée à la potabilisation de l’eau et la conduite d’adduction sont en activité depuis décembre dernier ;
  • le collecteur de liaison qui amène les eaux usées de la station d’épuration de Bastogne Meuse vers celle de Bastogne Rhin. Cet investissement permet à l’ensemble des eaux usées de l’agglomération de bénéficier d’un traitement de l’azote et du phosphore.

Quelles sont, selon vous, les perspectives pour 2021 ?

SH : Clairement nous allons étendre nos services auprès des communes, tant pour la gestion des eaux usées et de l’eau potable que pour celle des eaux pluviales.
Nous allons aussi renforcer la gestion technique à distance de nos installations et de nos services administratifs.
2021 marquera aussi la concrétisation du programme d’investissements 2022-2027 de la SPGE et la préparation, avec les communes, des dossiers d’égouttage à inscrire au PIC* 2022-2024.
Via ces programmes d’investissements, l’accent sera clairement mis sur l’amélioration du taux de charge de nos stations d’épuration. Elle renforcera l’efficacité de l’épuration et ainsi l’amélioration de la qualité de nos cours d’eau.

IM : Compte tenu de la persistance du problème sanitaire, nos équipes vont maintenir rigoureusement les consignes de sécurité et de santé au niveau des collectes et des recyparcs.
En aval de la collecte, nous continuerons à améliorer la qualité du traitement apporté aux déchets organiques. Nous allons aussi définir le nouvel outil de compostage nécessaire à Tenneville et engager les études requises pour aboutir au renouvellement du permis unique des activités de notre site de Tenneville.

FH : Si les entreprises avaient repris confiance durant l’été passé et relancé leur réflexion d’investissement, le reconfinement à l’automne a douché les espoirs à court terme et a, à nouveau, ralenti les projets. Malgré cela, nous travaillons sur quelques belles opérations que nous espérons voir se concrétiser en 2021.

YP : Notre région est directement concernée par plusieurs plans de relance destinés à relancer notre économie suite à la crise sanitaire. Au niveau européen, nous allons répondre à l’appel à projets qui sera lancé par le Feder en septembre prochain. Le nombre élevé de projets que nous allons introduire va représenter un travail énorme pour nos équipes. Nous répondrons aussi aux plans de relance actuellement en préparation aux niveaux fédéral et wallon.

ED : La première bonne nouvelle pour 2021, c’est que le rythme des ventes observé en 2020 se maintient.
Comme vient de l’évoquer Yves PLANCHARD, nous allons tout faire pour que nos projets destinés à soutenir le devenir de notre territoire puissent être concrétisés via les plans de relance annoncés. D’ores et déjà, nous savons que le nouveau programme FEDER balisera nos actions d’accompagnement des entreprises jusqu’en 2030. Autre objectif important pour les mois qui viennent : la recherche de sources de financements supplémentaires pour donner vie à nos ambitions.

 

Élie DEBLIRE, Président d’IDELUX Développement

Stéphanie HEYDEN, Présidente d’IDELUX Eau

François HUBERTY, Président d’IDELUX Finances

Isabelle MICHEL, Présidente d’IDELUX Environnement

Yves PLANCHARD, Président d’IDELUX Projets publics

* Plan d’investissement communal

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